L’essentiel
- Six étapes : forme, nom, siège, statuts, dépôt du capital et annonce légale, puis dossier au guichet unique.
- Frais officiels : 58,86 € de greffe et de bénéficiaires effectifs, plus une annonce de 124 à 199 € HT.
- Capital libre : aucun minimum légal, mais 50 % à verser à la création en SAS et 20 % en SARL.
- Forme : seul, vous hésitez entre SASU et EURL ; à plusieurs, entre SAS et SARL.
- ACRE : 25 % de cotisations en moins la première année, à demander dans les 60 jours.
Créer une société : quelles démarches, dans quel ordre ?
Créer une société se fait en ligne, pour un budget officiel de 207,66 à 297,66 € TTC selon la forme. Le parcours est le même pour la SASU, l’EURL, la SAS et la SARL ; seuls changent le statut du dirigeant, l’impôt et le prix de l’annonce légale.
De la décision au Kbis, tout tient en quatre temps :
- vous décidez de la forme et de la rémunération du dirigeant ;
- vous préparez les documents : nom, siège, statuts ;
- vous versez le capital et faites paraître l’avis de constitution ;
- vous envoyez le tout en ligne et payez les frais de greffe.

Avant les formalités : vérifier que le projet tient
Les statuts viennent après trois vérifications : une clientèle qui existe (étude de marché), un business plan qui montre quand l’activité couvre ses charges, et un financement bouclé. La banque demande ce dossier avant tout prêt, et le choix de la forme en dépend : un projet qui cherche des investisseurs ne se monte pas comme une activité de conseil en solo.
Le cap des premières années se passe le plus souvent : selon notre analyse de la base Sirene (INSEE), 85 % des SAS et 84 % des SARL créées en 2023 étaient encore actives en octobre 2026.
1. Choisir la forme juridique
Le nombre d’associés tranche une partie de la question : seul, vous pouvez créer une SASU ou créer une EURL ; à deux ou plus, une SAS ou une SARL. Le reste dépend de votre façon de vous rémunérer et de la protection sociale que vous visez. Les écarts entre les quatre formes sont détaillés plus bas.
Selon notre analyse de la base Sirene (INSEE), la SAS domine largement : près de 220 000 SAS (SASU comprises) ont été créées en 2025, contre environ 78 000 SARL (EURL comprises).
2. Trouver le nom et définir l’activité
Vérifiez que la dénomination n’est pas déjà prise dans votre secteur, puis rédigez l’objet social, c’est-à-dire la liste des activités que la société pourra exercer. Un objet un peu large vous évite de modifier les statuts dès que votre offre évolue. Si l’activité est réglementée (bâtiment, transport, santé), vérifiez dès maintenant le diplôme ou l’autorisation demandés.
3. Fixer le siège social
Le siège peut être votre domicile, un local loué ou une société de domiciliation. Il faut un justificatif : facture récente, bail ou contrat de domiciliation. Si vous êtes locataire ou en copropriété, relisez votre bail et le règlement avant d’y installer la société.
4. Rédiger les statuts et nommer le dirigeant
Les statuts sont le règlement intérieur de la société : capital, répartition des titres, pouvoirs du dirigeant, règles de vote. Le président (SAS, SASU) ou le gérant (SARL, EURL) est nommé dans les statuts ou dans un acte à part. Chaque associé date et signe ; le dirigeant joint une pièce d’identité et une déclaration sur l’honneur de non-condamnation.
5. Déposer le capital
Le capital se dépose sur un compte bloqué auprès d’une banque ou d’un notaire, qui remet une attestation de dépôt des fonds. La Caisse des dépôts ne reçoit plus ces dépôts depuis le 1er juin 2021. Les fonds sont débloqués dès l’immatriculation.
6. Publier l’annonce légale et déposer le dossier
L’avis de constitution paraît dans un journal habilité du département du siège, à prix forfaitaire. Le dossier complet se dépose ensuite sur le guichet unique des formalités des entreprises, au plus tard dans les 30 jours qui suivent le début d’activité. La déclaration des bénéficiaires effectifs, c’est-à-dire des personnes qui détiennent plus de 25 % du capital ou des votes, se fait au même moment.
Attention
Une annonce légale qui ne reprend pas exactement les statuts (nom, siège, capital, dirigeant) fait rejeter le dossier. Il faut alors publier un rectificatif, ce qui coûte du temps et une nouvelle annonce.
Combien faut-il prévoir pour les frais de création ?
Les frais officiels tiennent en trois lignes : le greffe, la déclaration des bénéficiaires effectifs et l’annonce légale. Seule l’annonce change selon la forme. Le simulateur ci-dessous fait le calcul avec vos chiffres.
| Forme | Greffe et bénéficiaires effectifs | Annonce légale HT | Annonce légale TTC | Total TTC |
|---|---|---|---|---|
| EURL | 58,86 € | 124 € | 148,80 € | 207,66 € |
| SASU | 58,86 € | 142 € | 170,40 € | 229,26 € |
| SARL | 58,86 € | 148 € | 177,60 € | 236,46 € |
| SAS | 58,86 € | 199 € | 238,80 € | 297,66 € |
Les 58,86 € regroupent 37,45 € d’immatriculation au registre du commerce et des sociétés (RCS) et 21,41 € de déclaration des bénéficiaires effectifs. Les prix d’annonce valent partout en France sauf à La Réunion et à Mayotte, où ils passent à 147 € HT pour une EURL, 167 € pour une SASU, 173 € pour une SARL et 233 € pour une SAS. Pour une activité artisanale, le tarif d’immatriculation diffère.
Les frais qui dépendent de vos choix
Trois postes s’ajoutent selon votre organisation :
- la rédaction des statuts, gratuite si vous la faites vous-même, facturée par un juriste ou un cabinet sinon ;
- la domiciliation, si vous ne pouvez pas installer le siège chez vous ;
- les frais du compte bancaire et du dépôt de capital, très variables d’un établissement à l’autre.
Pour ne pas payer d’honoraires de création, certains cabinets l’intègrent à leur mission. L-Expert-Comptable.com, cabinet d’expertise comptable en ligne, fait ainsi la création d’entreprise offerte pour les sociétés et entreprises individuelles (la micro-entreprise n’est pas éligible).
Exemple chiffré
Simulation : deux associés créent une SAS de conseil à Nancy, avec 2 000 € de capital, et rédigent eux-mêmes les statuts.
- Greffe et bénéficiaires effectifs : 37,45 + 21,41 = 58,86 €.
- Annonce légale : 199 € HT, soit 238,80 € TTC.
- Total des frais officiels : 58,86 + 238,80 = 297,66 € TTC.
- Capital à verser à la création : 50 % de 2 000 €, soit 1 000 €, disponibles sur le compte de la SAS après l’immatriculation.
Lecture : la création coûte moins de 300 € ; le capital n’est pas une dépense, il finance les premiers achats de la société.
Société ou entreprise individuelle, et quelle forme de société ?
Avant de comparer les sociétés entre elles, vérifiez qu’il vous faut bien une société. Une entreprise individuelle (EI) suffit parfois pour démarrer seul.
Ce qui change avec une entreprise individuelle
L’EI n’a ni statuts, ni capital, ni annonce légale : vous l’immatriculez en votre nom propre. Depuis le 15 mai 2022, votre patrimoine personnel est séparé automatiquement de votre patrimoine professionnel, sauf exceptions (certaines dettes fiscales et sociales, renonciation signée pour un prêt). L’EI relève de l’impôt sur le revenu par défaut, avec une option pour l’impôt sur les sociétés, et l’entrepreneur cotise comme travailleur non salarié (TNS).
La société devient utile dès que vous avez des associés, que vous visez des investisseurs ou que vous voulez vous verser des dividendes. Seul, l’arbitrage se joue souvent entre EI ou EURL, pour des frais de création de 207,66 € TTC en EURL.

SASU, EURL, SAS ou SARL : le tableau
Pour une TPE, quatre formes couvrent presque tous les projets. Le tableau compare les critères qui pèsent vraiment au moment de créer.
| Critère | SASU | EURL | SAS | SARL |
|---|---|---|---|---|
| Nombre d’associés | 1 | 1 | 2 ou plus | 2 à 100 |
| Dirigeant | Président | Gérant | Président | Gérant |
| Régime social du dirigeant | Assimilé salarié | Travailleur non salarié (TNS) | Assimilé salarié | TNS si gérant majoritaire, assimilé salarié sinon |
| Cotisations pour 1 000 € net versés | Environ 820 € | Environ 450 € | Environ 820 € | Environ 450 € (gérant majoritaire) |
| Assurance chômage du dirigeant | ❌ | ❌ | ❌ | ❌ |
| Impôt par défaut | Impôt sur les sociétés (IS) | Impôt sur le revenu (IR), option IS | IS | IS |
| Dividendes | Prélèvement forfaitaire de 31,4 % | À l’IS : cotisations TNS au-delà de 10 % du capital | Prélèvement forfaitaire de 31,4 % | Cotisations TNS au-delà de 10 % du capital (gérant majoritaire) |
| Capital minimum | Libre, 1 € possible | Libre, 1 € possible | Libre, 1 € possible | Libre, 1 € possible |
| Part du capital à verser à la création | 50 % | 20 % | 50 % | 20 % |
| Annonce légale HT (hors Réunion et Mayotte) | 142 € | 124 € | 199 € | 148 € |
| Frais officiels TTC | 229,26 € | 207,66 € | 297,66 € | 236,46 € |
| Liberté de rédaction des statuts | ✅ Large | ❌ Cadre fixé par la loi | ✅ Large | ❌ Cadre fixé par la loi |
Seul : SASU ou EURL
La SASU convient si vous voulez vous verser surtout des dividendes ou garder la protection du régime général. L’EURL coûte moins cher en cotisations pour un même revenu, avec des droits sociaux plus réduits. Entre SASU ou EURL, votre mode de rémunération tranche presque toujours.
À plusieurs : SAS ou SARL
La SAS laisse les associés écrire leurs propres règles (entrée d’investisseurs, clauses de sortie), ce qui plaît aux projets qui visent une levée de fonds : c’est le cas type pour créer une SAS. La SARL encadre davantage les décisions, rassure les associés familiaux ou les projets artisanaux et coûte moins en cotisations au gérant majoritaire : l’arbitrage SAS ou SARL se joue souvent sur ce point.
L’avis de l’expert-comptable
Pour un même coût total de 1 820 €, un président de SAS touche environ 1 000 € net, contre environ 1 255 € net pour un gérant majoritaire de SARL. Si vous comptez vivre de votre salaire dès la première année, faites ce calcul avant de signer les statuts, et non après.
Quel capital prévoir et combien verser au départ ?
La loi ne fixe aucun capital minimum pour ces quatre formes : le montant est libre et inscrit dans les statuts. Ce qui change, c’est la part à verser le jour du dépôt.
- En SAS et SASU, vous versez au moins la moitié des apports en argent, le solde dans les 5 ans.
- En SARL et EURL, vous versez au moins un cinquième, le solde dans les 5 ans.
Avec 1 000 € de capital, une SASU dépose donc au moins 500 € et une EURL au moins 200 €. Un capital social de 1 € est légal, mais une banque ou un fournisseur y lira un manque d’engagement. Calibrez-le sur vos premières dépenses : matériel, stock, trois mois de loyer.
Quelles aides pour financer le démarrage ?
Les aides publiques à la création réduisent les cotisations ou apportent de la trésorerie. Les quatre principales se cumulent en partie :
- L’ACRE : depuis le 1er juillet 2026, hors micro-entreprise, elle exonère 25 % des cotisations pendant 12 mois si le revenu ne dépasse pas 36 045 €, puis de façon dégressive jusqu’à 48 060 €. Elle se demande à l’Urssaf dans les 60 jours qui suivent le début d’activité (demandeurs d’emploi, jeunes de 18 à 25 ans, bénéficiaires du RSA, entre autres).
- L’ARCE : un demandeur d’emploi indemnisé reçoit 60 % de ses droits restants à l’allocation chômage (ARE) en capital, versé en deux fois, la seconde six mois après la première.
- Le maintien de l’ARE : à la place de l’ARCE, vous gardez vos allocations chaque mois, réduites selon la rémunération que vous vous versez.
- Les prêts d’honneur : prêts personnels sans intérêts ni garantie, jusqu’à 50 000 € chez Initiative France et 90 000 € chez Réseau Entreprendre, qui aident ensuite à obtenir un prêt bancaire.
Le détail des conditions et des montants de chaque aide à la création d’entreprise change souvent : vérifiez votre éligibilité avant de fixer la date de début d’activité, qui déclenche les délais.
L’avis de l’expert-comptable
Si vous ne vous versez aucune rémunération les premiers mois, garder l’ARE vaut souvent mieux que l’ARCE : vos allocations restent entières. L’ARCE devient intéressante quand le projet a besoin de trésorerie tout de suite, pour un stock ou du matériel.
Combien de temps entre les statuts et le Kbis ?
Le délai dépend surtout de vous : statuts prêts, capital versé et annonce parue, le dossier part en une journée. Aucun texte ne fixe ensuite de délai de traitement : l’INPI, qui gère le guichet unique, renvoie aux greffes.
Deux règles cadrent le calendrier. Un dossier incomplet doit être complété dans les 15 jours ouvrables qui suivent la réception de l’accusé de réception. La demande d’immatriculation, elle, doit partir au plus tard 30 jours après le début d’activité.
Le calendrier ci-dessous part de la date à laquelle vous voulez démarrer : il date chaque étape au plus tard, puis les premières échéances (ACRE, CFE, TVA).
Quelles démarches faire une fois le Kbis reçu ?
Le Kbis en main, plusieurs démarches arrivent dans les premières semaines. Les oublier coûte des pénalités ou une aide perdue.
- Créer l’espace professionnel sur impots.gouv.fr et signer le mandat de prélèvement SEPA pour payer les impôts.
- Renvoyer au service des impôts le questionnaire d’activité (formulaire 751-SD), dans les 30 jours environ qui suivent sa réception.
- Demander l’ACRE, si ce n’est pas déjà fait, avant la fin des 60 jours qui suivent le début d’activité.
- Déposer la déclaration initiale de cotisation foncière des entreprises (CFE) avant le 31 décembre : la CFE est nulle l’année de création, puis calculée sur une base réduite de moitié la deuxième année.
- Ouvrir le compte bancaire professionnel et tenir la comptabilité dès le premier jour.
Méfiez-vous enfin des courriers qui suivent l’immatriculation et réclament un paiement sous quelques jours pour une « inscription obligatoire » : ce sont des arnaques fréquentes. Les seuls frais de création sont ceux payés sur le guichet unique et au journal d’annonces légales.

Questions fréquentes sur la création d’une société
Les réponses courtes aux questions que posent le plus souvent les créateurs de société.
Quel est le coût pour créer une société ?
Les frais officiels vont de 207,66 € TTC pour une EURL à 297,66 € TTC pour une SAS, le coût de création d’une SASU se situant à 229,26 € TTC. Les honoraires d’un prestataire et la domiciliation s’ajoutent si vous y recourez.
Quelles sont les démarches pour ouvrir une société ?
Statuts, dépôt du capital, annonce légale, puis dossier sur le guichet unique : le greffe immatricule ensuite la société au RCS et délivre le Kbis.
Quels sont les 4 types de sociétés pour une petite entreprise ?
La SASU et l’EURL pour un associé unique, la SAS et la SARL à partir de deux. Il n’y a pas de meilleure forme dans l’absolu : la question quel statut juridique choisir se tranche par une simulation de votre revenu net, dividendes compris.
Peut-on créer une société en étant salarié ?
Oui, à condition de respecter votre obligation de loyauté envers l’employeur et une éventuelle clause d’exclusivité de votre contrat. Pas de concurrence avec lui, pas de travail pour la société sur votre temps de travail. C’est une bonne façon de créer sa boîte avant de démissionner et de tester l’activité.
Peut-on créer une société gratuitement en ligne ?
Non : les 58,86 € de greffe et de bénéficiaires effectifs et l’annonce légale restent dus dans tous les cas. Seuls les honoraires d’accompagnement peuvent être nuls, selon le prestataire.
Peut-on créer une société avec 1 € de capital ?
Oui, la loi le permet pour ces quatre formes. C’est pourtant un mauvais signal pour une banque et cela laisse la société sans trésorerie de départ.
Faut-il un expert-comptable pour créer sa société ?
Ce n’est pas obligatoire pour l’immatriculation. Un expert-comptable reste utile pour choisir la forme selon votre rémunération et pour tenir la comptabilité, obligatoire dès le premier exercice.
Sources
- Service-public.fr : comment créer une société
- Service-public.fr : immatriculation d'une société
- Service-public.fr : tarifs des annonces légales
- Service-public.fr : dépôt du capital social
- Guichet unique : tarifs des formalités
- Service-public.fr : entrepreneur individuel (EI), ce qu'il faut savoir
- Service-public.fr : séparation des patrimoines de l'entrepreneur individuel
- Service-public.fr : Acre, aide à la création ou à la reprise d'entreprise
- Service-public.fr : Arce, aide à la reprise ou à la création d'entreprise
- Service-public.fr : créer une entreprise et garder ses allocations chômage
- Bpifrance Création : prêt d'honneur
- INSEE : consulter et télécharger la base Sirene