Fiche métier
Convoyeur automobile
- Statut conseillé
- Micro-entrepriseSASU quand le chiffre d’affaires augmente
- Diplôme ou carte pro
- Permis de conduireAucun diplôme cité dans les fiches officielles
- Budget de départ
- Postes de dépenseAssurances, téléphone, trajets de retour
- Régime fiscal
- Micro-BICAbattement de 50 %, plafond de 83 600 €
- TVA
- Franchise en baseJusqu’à 37 500 € (41 250 € toléré)
- Assurance
- RC pro et véhicule confiéConseillées, non obligatoires d’après la base
Sources : INPI, Bpifrance Création, service-public.fr, base des experts-comptables. Taux en vigueur en 2026. Classement BIC à confirmer avec le SIE.
Quelles conditions faut-il remplir pour devenir convoyeur automobile ?
Un convoyeur automobile conduit le véhicule d’un client d’un point A à un point B : concessionnaire, loueur, gestionnaire de flotte ou particulier. Les fiches officielles que nous avons consultées (INPI, Bpifrance Création) ne rangent pas le convoyage parmi les activités soumises à un diplôme ou à une carte professionnelle. Il reste trois conditions concrètes :
- un permis de conduire en cours de validité pour la catégorie du véhicule conduit ;
- un statut d’indépendant (micro-entreprise ou société), ou un contrat de salarié dans une entreprise spécialisée ;
- une assurance qui couvre le véhicule du client pendant que vous le conduisez.
Les plateformes de convoyage ajoutent leurs propres critères (ancienneté du permis, âge, extrait de casier judiciaire). Ces critères varient d’une plateforme à l’autre : ce sont des règles de recrutement, pas des obligations légales.
Attention
Le transport routier de marchandises pour le compte d’autrui exige une capacité professionnelle (attestation, capacité financière de 1 800 € pour le premier véhicule). Les fiches officielles lues ne disent pas si le convoyage, où vous conduisez le véhicule du client, entre dans ce champ. Si vous chargez des véhicules sur un plateau ou une remorque, vous vous en rapprochez : faites confirmer votre cas par la DREAL avant votre première mission.
Quelles démarches faire pour se lancer comme convoyeur ?
Le parcours est court : un statut, des assurances, puis les premières déclarations. L’outil ci-dessous date chaque étape à partir du jour où vous voulez démarrer, à ajouter à votre agenda.
Dans l’ordre, voici ce qu’il faut franchir :
- vous vérifiez que votre activité n’exige pas d’autorisation de transport ;
- vous immatriculez votre activité ;
- vous souscrivez vos assurances avant la première mission ;
- vous demandez l’ACRE si vous y avez droit ;
- vous faites vos premières déclarations fiscales et sociales.

Immatriculer son activité de convoyeur
La déclaration se fait sur le guichet unique des formalités des entreprises. En micro-entreprise, elle se fait en ligne et ne demande pas de capital. En société, comptez des frais officiels de 229,26 € TTC pour une SASU commerciale, annonce légale comprise. C’est le guichet qui oriente l’activité (commerciale ou artisanale) d’après ce que vous déclarez : décrivez précisément vos missions.
S’assurer avant la première mission
La base des experts-comptables ne range pas le convoyage parmi les métiers dont la responsabilité civile professionnelle est obligatoire. Elle reste vivement conseillée, car un dommage causé à un tiers engage votre responsabilité. Le point le plus sensible est le véhicule du client : vérifiez par écrit que votre contrat couvre les dégâts sur le véhicule que vous conduisez, et pas seulement ceux qu’il cause à autrui. Selon les clients, l’assureur du client peut jouer, mais demandez-le avant de rouler.
Les premières démarches fiscales et sociales
Demandez l’ACRE dans les 60 jours qui suivent le début d’activité si vous y avez droit : les aides à la création d’entreprise détaillent les conditions. Déposez ensuite la déclaration initiale de CFE (formulaire 1447-C-SD) avant le 31 décembre de l’année de création : la CFE n’est pas due cette année-là, mais cette déclaration sert à calculer celle des années suivantes.
L’avis de l’expert-comptable
Avant d’accepter votre première mission, relisez l’état des lieux du véhicule avec le client et prenez des photos datées. Sans cette preuve, un dommage signalé à l’arrivée retombe sur vous, et votre assureur la demandera.
Micro-entreprise ou SASU : quel statut pour un convoyeur ?
La micro-entreprise convient à la plupart des convoyeurs au départ : formalités légères, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires, peu de frais fixes. La SASU devient intéressante quand le chiffre d’affaires dépasse nettement ce dont vous avez besoin pour vivre.
Le bon statut dépend du prix que vous facturez par convoyage. Indiquez le revenu que vous voulez vous verser, le nombre de missions par semaine et vos frais : l’outil donne le prix minimal d’un convoyage en micro-entreprise et en SASU.
Le tableau reprend les critères qui comptent, en classant le convoyage en prestation de services imposée aux bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
| Critère | Micro-entreprise | SASU |
|---|---|---|
| Plafond de chiffre d’affaires | 83 600 € (prestations de services) | Aucun plafond |
| Cotisations sociales | 21,2 % du chiffre d’affaires encaissé | Environ 82 % du net versé (1 820 € pour 1 000 € net) |
| Sans chiffre d’affaires ou sans salaire | Pas de cotisations | Pas de cotisations si aucun salaire |
| Impôt | Impôt sur le revenu après abattement de 50 %, versement libératoire de 1,7 % sur option | Impôt sur les sociétés à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % |
| Frais réels (carburant, péages, trajets de retour) | ❌ remplacés par l’abattement | ✅ déductibles |
| Dividendes | Sans objet | Prélèvement forfaitaire de 31,4 % |
| TVA | Franchise jusqu’à 37 500 € (41 250 € toléré) | Mêmes seuils de franchise |
| Protection sociale | Sécurité sociale des indépendants | Régime général, comme un salarié |
| Patrimoine | Patrimoine personnel et professionnel séparés automatiquement | Responsabilité limitée aux apports |
| Création et gestion | Déclaration en ligne, comptabilité allégée | 229,26 € TTC de frais officiels, bilan annuel |
Attention
Aucun texte officiel consulté ne classe le convoyage nommément en BIC ou en BNC. Le tableau retient les BIC de prestation de services, mais confirmez le classement et le taux de cotisations avec votre service des impôts et l’Urssaf lors de l’immatriculation, car le taux change (21,2 % ou 25,6 %).
Quand rester en micro-entreprise ?
Tant que le chiffre d’affaires reste sous 83 600 € et que les frais de route ne dépassent pas la moitié des recettes : l’abattement de 50 % couvre alors la plupart de vos frais. Dépasser le plafond deux années de suite fait sortir du régime. La comptabilité d’un micro-entrepreneur reste légère.
Quand passer en SASU ?
Quand vos frais réels pèsent lourd (carburant, péages, billets de retour) ou que vous voulez laisser du bénéfice dans la société : seul le salaire que vous vous versez supporte des cotisations, au coût d’un salarié, soit environ 1 820 € pour 1 000 € net. Les modalités sont détaillées dans l’article sur le passage de la micro-entreprise à la SASU. Pepit, cabinet d’expertise comptable en ligne, prend en charge la comptabilité d’une SASU sur devis.
Que reste-t-il de 30 000 € de chiffre d’affaires pour un convoyeur ?
Aucune source officielle ne donne de revenu ni de tarif moyen de convoyage : le prix dépend de la distance, du client et du type de véhicule. Voici donc un calcul sur une hypothèse que vous pouvez remplacer par la vôtre.
Exemple chiffré
Simulation : un convoyeur en micro-entreprise réalise 10 missions à 75 € par semaine pendant 40 semaines, sans dépasser le seuil de franchise de TVA.
- Chiffre d’affaires : 10 × 75 = 750 € par semaine, soit 750 × 40 = 30 000 € par an.
- Cotisations sociales : 30 000 × 21,2 % = 6 360 €.
- Contribution à la formation professionnelle : 30 000 × 0,1 % = 30 € (taux d’un commerçant).
- Reste avant impôt et avant frais : 30 000 − 6 360 − 30 = 23 610 €, soit environ 1 968 € par mois.
- Base de l’impôt sur le revenu : 30 000 − 50 % d’abattement (15 000 €) = 15 000 €.
Lecture : carburant, péages, billets de retour et assurance se paient sur ce reste si le client ne les rembourse pas, car le régime micro ne déduit pas les frais réels. Avec le versement libératoire (1,7 % du chiffre d’affaires, soit 510 €), l’impôt est payé en même temps que les cotisations, sous condition de revenus du foyer.

Ce calcul ne tient pas compte de l’ACRE ni de la TVA. Sans TVA, vous ne la facturez pas et ne la récupérez pas non plus. Au-delà de 37 500 € de chiffre d’affaires l’année précédente, ou de 41 250 € dans l’année, vous devenez redevable ; la franchise en base de TVA explique le calendrier. Vos factures portent la mention « TVA non applicable, art. L. 223-3 du CIBS » à partir du 1er septembre 2026 (« art. 293 B du CGI » auparavant).
Quel budget prévoir pour démarrer ?
Le convoyage demande peu d’investissement : le véhicule est celui du client. Aucune source officielle ne donne de budget type, voici donc les postes à chiffrer avant votre première mission.
- Assurances : responsabilité civile professionnelle et garantie des véhicules confiés, à comparer sur les garanties, pas seulement sur le prix ;
- Téléphone et connexion : les missions et les états des lieux passent par un smartphone ;
- Trajets de retour : billets de train ou de covoiturage, à avancer entre deux missions ;
- Équipement de route : lampe, gants, formulaires d’état des lieux ;
- Frais de création : aucun frais d’immatriculation en micro-entreprise, 229,26 € TTC pour une SASU ;
- Facturation : Tiime est un logiciel de gestion gratuit en formule Free, avec devis et factures illimités.
Gardez aussi de quoi payer les cotisations du premier trimestre : elles tombent même quand les clients tardent à confirmer des missions.
Questions fréquentes sur le métier de convoyeur automobile
Les questions que se posent le plus souvent les futurs convoyeurs, avec des réponses courtes.
Quel statut choisir pour faire du convoyage de voiture ?
La micro-entreprise au départ, puis la SASU quand le chiffre d’affaires dépasse ce dont vous avez besoin pour vivre ou que les frais de route pèsent lourd. Le tableau de la section statut compare les deux sur dix critères.
Comment devenir auto-entrepreneur convoyeur de voiture ?
Vous déclarez votre activité de micro-entreprise (le nom actuel de l’auto-entreprise) sur le guichet unique, vous souscrivez vos assurances, puis vous demandez l’ACRE dans les 60 jours si vous y avez droit. Aucun diplôme n’est cité dans les fiches officielles consultées.
Quel est le tarif moyen d’un convoyage de véhicule ?
Aucune source officielle ne donne de tarif moyen. Le prix dépend de la distance, de l’urgence et du client. L’outil de prix minimal de la section statut calcule le tarif qui couvre vos frais et votre revenu visé pour un nombre de missions donné.
Combien gagne un convoyeur automobile ?
Aucune source officielle ne donne de revenu moyen fiable. L’exemple chiffré montre le calcul avec 10 missions à 75 € par semaine : il reste environ 23 610 € par an avant impôt et avant frais de route.
Comment facturer un convoyage de véhicule ?
Une facture par client, qui nomme les deux parties, décrit la mission, donne le prix et la date. En franchise de TVA, elle porte la mention « TVA non applicable, art. L. 223-3 du CIBS ». Une mention obligatoire manquante ou erronée expose à une amende de 15 € par mention.
Faut-il une capacité de transport pour devenir convoyeur ?
La capacité professionnelle s’applique au transport routier de marchandises pour compte d’autrui. Les fiches officielles consultées ne disent pas si le convoyage par conduite du véhicule du client en relève : faites confirmer votre cas par la DREAL avant de démarrer.