Fiche métier
Coiffeur · salon de coiffure
- Statut conseillé
- SASU ou EURLMicro-entreprise pour coiffer seul à domicile
- Diplôme ou carte pro
- BP, BM ou équivalentPour le salon, ou salarié qualifié ; CAP à domicile
- Budget de départ
- Postes de dépenseLocal, mobilier, produits, assurances, Sacem
- Régime fiscal
- Micro-BICAbattement de 50 %, plafond de 83 600 €
- TVA
- Franchise en baseJusqu’à 37 500 € (41 250 € toléré)
- Cotisations sociales
- 21,2 % du CAEn micro-entreprise, taux de 2026
Sources : INPI (fiches coiffeur), service-public.fr, base des experts-comptables. Taux en vigueur en 2026.
Quel diplôme faut-il pour ouvrir un salon de coiffure ?
La coiffure est un métier réglementé : pour ouvrir un salon de coiffure, il faut justifier d’une qualification professionnelle, ou faire exercer l’activité sous le contrôle effectif et permanent d’une personne qui la détient. Selon l’article R. 121-2 du code de l’artisanat et la fiche officielle de l’INPI, les qualifications admises pour un salon sont le brevet professionnel (BP) de coiffure, le brevet de maîtrise (BM) et les diplômes ou titres de niveau égal ou supérieur enregistrés au répertoire national des certifications professionnelles.
Ces textes ne citent pas le CAP parmi les qualifications du salon. Trois situations se rencontrent :
- vous avez le BP ou le BM : vous pouvez diriger le salon vous-même ;
- vous avez un CAP ou aucun diplôme : vous pouvez créer l’entreprise, mais l’activité doit être exercée sous le contrôle effectif et permanent d’une personne qualifiée, par exemple un salarié titulaire du BP ;
- vous avez un diplôme étranger : une attestation de qualification se demande à la chambre de métiers et de l’artisanat (CMA), gratuitement sauf mesure de compensation ;
- vous avez au moins trois années d’expérience effective dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen, comme dirigeant, indépendant ou salarié : cette expérience peut tenir lieu de diplôme, avec une attestation de qualification de la CMA.
Coiffure à domicile : le diplôme exigé est-il le même ?
Pour la coiffure à domicile, l’article R. 121-1 du code de l’artisanat et la fiche de l’INPI visent le CAP « coiffure » ou un diplôme de niveau égal ou supérieur (BEP, brevet professionnel). Là encore, une personne non qualifiée peut créer l’entreprise à condition de confier l’activité à un salarié, un conjoint collaborateur ou un associé qui détient la qualification. Le niveau exigé n’est pas le même selon le lieu : brevet professionnel ou brevet de maîtrise pour un salon, CAP ou BEP pour la coiffure à domicile. Avant de vous former, demandez à votre CMA si le diplôme que vous visez est retenu pour votre projet.
Attention
Une interdiction de diriger, gérer ou contrôler une entreprise commerciale ou artisanale, ou une interdiction d’exercer une activité professionnelle, empêche d’exercer la coiffure, même avec le diplôme. Les coiffeurs pour hommes qui exercent à titre accessoire dans une commune de moins de 2 000 habitants sont dispensés de la qualification.
Quelles démarches faire pour ouvrir son salon ?
Le parcours va de la qualification aux premières déclarations fiscales. L’outil ci-dessous répond aux deux questions du début : choisissez salon ou domicile pour voir les diplômes admis, puis votre date d’ouverture pour obtenir chaque étape datée, à ajouter à votre agenda.
Dans l’ordre, voici ce qu’il faut franchir :
- vous réunissez le justificatif de qualification, ou vous recrutez la personne qualifiée ;
- vous trouvez un local aux normes, sauf si vous coiffez à domicile ;
- vous immatriculez l’entreprise au répertoire des métiers ;
- vous souscrivez vos assurances ;
- vous faites vos premières démarches fiscales et sociales.

Immatriculer son entreprise de coiffure
Une entreprise de coiffure est une entreprise artisanale : elle s’immatricule via le guichet unique des formalités des entreprises, au répertoire des métiers tenu par la CMA. Les frais d’immatriculation d’une activité artisanale sont de 45 € TTC. En société, comptez avec l’annonce légale (142 € HT pour une SASU) et la déclaration des bénéficiaires effectifs (21,41 €) : environ 236,81 € TTC de frais officiels pour une SASU artisanale.
Le local, la musique et l’affichage des prix
Un salon reçoit du public : les règles des établissements recevant du public (sécurité incendie et accessibilité) s’appliquent au local, ce que le bail doit permettre avant la signature. Diffuser de la musique demande une autorisation de la Sacem avant l’ouverture, moyennant une redevance forfaitaire. L’affichage des prix est encadré : au moins dix prix TTC affichés (dix pour les hommes et dix pour les femmes dans un salon mixte), la carte complète des prix tenue à la caisse, et une note remise au client pour toute prestation de 25 € TTC ou plus.
S’assurer avant le premier client
La base des experts-comptables ne range pas la coiffure parmi les métiers dont la responsabilité civile professionnelle est obligatoire. Elle reste pourtant indispensable en pratique : une brûlure ou une réaction à une coloration engage votre responsabilité, et c’est ce contrat qui la couvre. Pour un local, ajoutez une assurance des locaux (multirisque) : le bailleur la demande souvent.
Les premières démarches fiscales et sociales
Demandez l’ACRE dans les 60 jours qui suivent le début d’activité si vous y avez droit : les aides à la création d’entreprise détaillent les conditions. Déposez ensuite la déclaration initiale de CFE (formulaire 1447-C-SD) avant le 31 décembre de l’année de création : la CFE n’est pas due cette année-là, mais cette déclaration sert à calculer celle des années suivantes.
L’avis de l’expert-comptable
Signez le bail seulement quand la qualification est sécurisée : un loyer court dès la signature, alors que le salon ne peut ouvrir ni sans diplômé, ni sans immatriculation. Si le titulaire du BP est un salarié à recruter, signez d’abord son contrat.
SASU, EURL ou micro-entreprise : quel statut pour un salon de coiffure ?
Pour un salon avec local, du matériel et souvent un salarié, la SASU ou l’EURL conviennent mieux : les loyers, les produits et le matériel y sont déductibles pour leur montant réel. La micro-entreprise reste une porte d’entrée pour coiffer seul, surtout à domicile, avec peu de frais.
Le bon statut dépend d’abord du prix que vous pouvez facturer. Indiquez le revenu que vous voulez vous verser, le nombre de coupes par semaine et vos frais : l’outil donne le prix minimal d’une coupe en micro-entreprise et en SASU.
Le tableau compare les critères qui comptent pour un salon.
| Critère | Micro-entreprise | SASU |
|---|---|---|
| Plafond de chiffre d’affaires | 83 600 € (prestations de services) | Aucun plafond |
| Cotisations sociales | 21,2 % du chiffre d’affaires encaissé | Environ 82 % du net versé (1 820 € pour 1 000 € net) |
| Sans chiffre d’affaires ou sans salaire | Pas de cotisations | Pas de cotisations si aucun salaire |
| Impôt | Impôt sur le revenu après abattement de 50 %, versement libératoire de 1,7 % sur option | Impôt sur les sociétés à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % |
| Frais réels (loyer, produits, matériel) | ❌ remplacés par l’abattement | ✅ déductibles |
| Dividendes | Sans objet | Prélèvement forfaitaire de 31,4 % |
| TVA | Franchise jusqu’à 37 500 € (41 250 € toléré) | Mêmes seuils de franchise |
| Protection sociale | Sécurité sociale des indépendants | Régime général, comme un salarié |
| Patrimoine | Patrimoine personnel et professionnel séparés automatiquement | Responsabilité limitée aux apports |
| Frais de création | Déclaration en ligne | 236,81 € TTC de frais officiels, bilan annuel |
Quand rester en micro-entreprise ?
Tant que vos frais pèsent moins que l’abattement de 50 % : si un salon dépense plus de la moitié de son chiffre d’affaires en loyer, produits et salaires, le régime micro ne vous laisse aucune déduction de plus. Le plafond de 83 600 € doit aussi rester loin : le dépasser deux années de suite fait sortir du régime. La comptabilité d’un micro-entrepreneur reste légère.
Quand passer en SASU ou en EURL ?
Dès que le loyer et les salaires deviennent le poste principal ou que vous voulez laisser du bénéfice dans la société : seul votre salaire supporte des cotisations, et le coût est celui d’un salarié, environ 1 820 € de coût total pour 1 000 € net. Les modalités sont détaillées dans l’article sur le passage de la micro-entreprise à la SASU. Pepit, cabinet d’expertise comptable en ligne, prend en charge la comptabilité d’une SASU sur devis.
La coiffure à domicile ouvre-t-elle droit au crédit d’impôt pour vos clients ?
Le crédit d’impôt de 50 % des services à la personne séduit, mais il ne s’applique qu’aux activités de la liste officielle. La fiche de service-public.fr sur les activités de services à la personne, vérifiée le 1er janvier 2025, ne mentionne pas la coiffure à domicile : elle cite seulement les soins d’esthétique à domicile pour les personnes dépendantes.
Attention
Ne promettez pas à vos clients un crédit d’impôt sur vos coupes à domicile tant que votre activité n’est pas confirmée comme service à la personne : une promesse fausse se retourne contre vous au premier contrôle de vos clients.
Votre coiffure à domicile reste une activité artisanale ordinaire : même qualification, même immatriculation, même régime. Seule différence côté facture : pour une prestation réalisée au domicile du client, la fiche de l’INPI prévoit une facture en triple exemplaire, signée par le client et le professionnel.
Que reste-t-il de 36 000 € de chiffre d’affaires en micro-entreprise ?
Aucune source officielle ne donne de revenu moyen fiable pour un coiffeur indépendant : les tarifs varient selon la ville, la clientèle et le lieu. Voici donc un calcul sur une hypothèse que vous pouvez remplacer par la vôtre.
Exemple chiffré
Simulation : un coiffeur à domicile en micro-entreprise réalise 20 prestations à 40 € par semaine pendant 45 semaines, sans dépasser le seuil de franchise de TVA.
- Chiffre d’affaires : 20 × 40 = 800 € par semaine, soit 800 × 45 = 36 000 € par an.
- Cotisations sociales : 36 000 × 21,2 % = 7 632 €.
- Contribution à la formation professionnelle : 36 000 × 0,3 % = 108 € (taux des artisans).
- Reste avant impôt et avant frais : 36 000 − 7 632 − 108 = 28 260 €, soit environ 2 355 € par mois.
- Base de l’impôt sur le revenu : 36 000 − 50 % d’abattement (18 000 €) = 18 000 €.
Lecture : produits, matériel, assurance et déplacements se paient sur ce reste, car le régime micro ne déduit pas les frais réels. Avec le versement libératoire (1,7 % du chiffre d’affaires, soit 612 €), l’impôt est payé en même temps que les cotisations, sous condition de revenus du foyer.

Ce calcul ne tient pas compte de l’ACRE ni de la TVA. Sans TVA, vous ne la facturez pas et ne la récupérez pas non plus. Au-delà de 37 500 € de chiffre d’affaires l’année précédente, ou de 41 250 € dans l’année, vous devenez redevable ; la franchise en base de TVA explique le calendrier. Vos factures portent la mention « TVA non applicable, art. L. 223-3 du CIBS » à partir du 1er septembre 2026 (« art. 293 B du CGI » auparavant).
Quel budget prévoir pour ouvrir un salon de coiffure ?
Les pages du haut de Google avancent des budgets très larges, de 20 000 € à 150 000 € selon l’emplacement, mais aucune source officielle n’en donne un. Voici les postes à chiffrer avec un devis pour chacun, ce qui vaut mieux qu’une moyenne.
- Local : droit au bail ou loyer, dépôt de garantie, travaux d’aménagement et mise aux normes d’accueil du public ;
- Mobilier : fauteuils, bacs à shampoing, miroirs, postes de travail ;
- Matériel : ciseaux, tondeuses, sèche-cheveux, lavabos, linge ;
- Produits : colorations, soins, produits de vente en rayon, avec un stock de départ ;
- Assurances : responsabilité civile professionnelle et multirisque du local ;
- Sacem et affichage : redevance de musique d’ambiance, panneaux de prix ;
- Frais de création : 236,81 € TTC de frais officiels pour une SASU artisanale ;
- Facturation et caisse : Tiime est un logiciel de gestion gratuit en formule Free, avec devis et factures illimités.
Prévoyez aussi de quoi tenir les premiers mois : le loyer et les cotisations tombent même quand l’agenda se remplit lentement. Le financement (apport, prêt, prêt d’honneur) se prépare avec ce chiffrage en main.
Le post-it collé sur la caisse ne remplace pas un vrai système de caisse : si vous encaissez des particuliers avec un outil de caisse et que vous êtes soumis à la TVA, la loi impose qu’il soit sécurisé.
Combien de salons et de coiffeurs se créent chaque année ?
Le secteur reste très actif : 7 545 entreprises ont été créées entre octobre 2025 et septembre 2026 dans la coiffure (NAF 96.02), soit 1,4 % de moins que sur les 12 mois précédents (7 655). Ces chiffres viennent de la base Sirene de l’INSEE, publiée sur data.gouv.fr.
Ce périmètre inclut aussi les soins de beauté, que la même rubrique de la nomenclature regroupe : il donne un ordre de grandeur, pas un décompte exact des salons. Il montre surtout comment les coiffeurs s’installent :
- 58 % des créations se font en entreprise individuelle (micro-entreprise comprise) et 42 % en société ;
- 111 801 entreprises sont actives dans ce secteur ;
- 30 % d’entre elles emploient des salariés.

La part des sociétés, supérieure à celle d’autres métiers de service, reflète les salons avec local et personnel : près d’un coiffeur sur trois a des salariés, ce qui rend le choix du statut plus décisif qu’ailleurs.
Questions fréquentes sur l’ouverture d’un salon de coiffure
Les questions que se posent le plus souvent les futurs patrons de salon, avec des réponses courtes.
Quel est le budget moyen pour ouvrir un salon de coiffure ?
Aucune source officielle ne donne de budget moyen. Il dépend du loyer, des travaux, du mobilier et du stock de produits. Chiffrez chaque poste de la liste plus haut avec un devis, puis ajoutez de quoi payer loyer et cotisations pendant les premiers mois.
Peut-on ouvrir un salon de coiffure sans diplôme ?
Vous pouvez créer l’entreprise, mais l’activité doit être exercée sous le contrôle effectif et permanent d’une personne qualifiée, par exemple un salarié titulaire du BP. Sans cette personne, le salon ne peut pas ouvrir.
Quel diplôme pour ouvrir un coiffeur ?
Pour un salon, la fiche de l’INPI cite le brevet professionnel, le brevet de maîtrise ou un diplôme équivalent enregistré au répertoire national des certifications professionnelles. Pour la coiffure à domicile, elle cite le CAP « coiffure » ou un diplôme de niveau égal ou supérieur.
Quelles obligations pour ouvrir un salon de coiffure ?
La qualification, l’immatriculation au répertoire des métiers, un local qui respecte les règles des établissements recevant du public, l’autorisation de la Sacem pour la musique, l’affichage des prix et la remise d’une note pour toute prestation de 25 € TTC ou plus. L’assurance de responsabilité civile reste vivement conseillée.
Quel est le salaire d’un patron de salon de coiffure ?
Aucune source officielle ne donne de revenu moyen fiable. Il dépend du chiffre d’affaires, du loyer, des salaires versés et du statut. L’exemple chiffré plus haut montre le calcul avec 20 prestations à 40 € par semaine : il reste environ 28 260 € par an avant impôt et avant frais.
Est-ce rentable d’ouvrir un salon de coiffure ?
Cela dépend de votre prix moyen, de votre remplissage et de vos frais fixes. Avec l’outil de prix minimal de la section statut, vous voyez combien de coupes par semaine il faut pour atteindre le revenu que vous visez. Si le calcul ne tient pas, c’est le loyer qu’il faut revoir avant de signer.
Un coiffeur est-il artisan, commerçant ou profession libérale ?
Un coiffeur est un artisan : il s’immatricule au répertoire des métiers. En micro-entreprise, son activité de prestation de services relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec l’abattement de 50 % et des cotisations de 21,2 %. La vente de produits en rayon peut relever d’un autre taux : confirmez-le avec votre service des impôts.
Sources
- INPI : fiche coiffeur en salon
- INPI : fiche coiffeur à domicile
- Service-public.fr : régime fiscal de la micro-entreprise
- Service-public.fr : activités de services à la personne
- Service-public.fr : franchise en base de TVA
- Service-public.fr : micro-entrepreneur, quand déclarer son chiffre d'affaires
- INSEE : nomenclature d'activités française (NAF)