Devenir coursier : vélo ou moto, assurance et statut

Par L’équipe Pepit · Mis à jour le 31 octobre 2026 · 13 min de lecture

Fiche métier

Coursier · livreur indépendant

Statut conseillé
Micro-entrepriseSASU quand le chiffre d’affaires augmente
Permis et capacité
Vélo sans permisMotorisé : permis, capacité de transport léger
Budget de départ
Postes de dépenseVéhicule, assurance, équipement, téléphone
Régime fiscal
Micro-BICAbattement de 50 %, plafond de 83 600 €
TVA
Franchise en baseJusqu’à 37 500 € (41 250 € toléré)
Cotisations sociales
21,2 % du CAEn micro-entreprise, taux de 2026

Sources : Bpifrance Création, Code des transports (R. 3211-1), service-public.fr, base des experts-comptables. Taux en vigueur en 2026.

Que faut-il pour devenir coursier : vélo, scooter ou moto ?

Pour devenir coursier, le véhicule change tout. À vélo, il suffit de créer son entreprise : aucun texte relevé n’impose de diplôme, de permis ni d’autorisation de transport. Avec un scooter ou une moto, il faut le permis adapté, une assurance de véhicule à moteur et, d’après la fiche officielle de Bpifrance Création, une autorisation d’exercer le transport léger de marchandises.

Le tableau compare les deux profils sur ce qui compte avant de démarrer.

Critère Coursier à vélo Coursier en scooter ou moto
Permis de conduire Aucun AM (BSR) pour un 50 cm³, A1 jusqu’à 125 cm³, A2 puis A au-delà
Autorisation de transport de marchandises Aucun texte relevé Attestation de capacité en transport léger, puis autorisation d’exercer
Capacité financière Sans objet 1 800 € de capitaux propres pour le premier véhicule
Assurance du véhicule Aucune assurance de véhicule à moteur Responsabilité civile obligatoire
Délai avant de démarrer Environ 2 semaines pour le numéro de Siren Jusqu’à 3 mois d’instruction de l’autorisation, 1 mois de plus si le dossier est incomplet
Frais de départ Vélo, antivol, éclairage, casque, sac, téléphone Véhicule, carburant, entretien, assurance, équipement, téléphone

Un scooter de 125 cm³ peut aussi se conduire avec le permis B, sous conditions que détaille service-public.fr. Pour un cyclomoteur de 50 cm³, aucun permis n’est requis si vous êtes né avant 1988.

L’avis de l’expert-comptable

Choisissez votre véhicule avant de choisir votre calendrier : un vélo permet de démarrer en quelques semaines, une moto demande jusqu’à 3 mois d’autorisation. Lancez la demande avant d’acheter ou de louer la moto, car un véhicule immobilisé coûte déjà son assurance.

Faut-il une capacité de transport pour livrer en scooter ou en moto ?

D’après la fiche de Bpifrance Création, le transport routier de marchandises pour le compte d’autrui avec des véhicules motorisés de moins de 3,5 tonnes est une activité réglementée. La fiche inclut les véhicules de moins de quatre roues (scooter, moto, mobylette, triporteur). Le Code des transports (article R. 3211-1) vise les véhicules motorisés ; la fiche ne cite ni le vélo, ni le cas des coursiers à vélo.

Pour un coursier motorisé qui travaille seul, les conditions sont les suivantes :

  • le dirigeant tient le rôle de gestionnaire de transport et détient l’attestation de capacité professionnelle : examen écrit, diplôme reconnu, ou deux ans de gestion continue d’une entreprise de transport ;
  • l’honorabilité : certaines condamnations (interdiction d’exercer, infractions routières, exercice sans autorisation) bloquent l’accès ;
  • la capacité financière : 1 800 € de capitaux propres pour le premier véhicule, 900 € par véhicule supplémentaire, avec une caution bancaire possible pour la moitié au plus ;
  • un établissement en France et des véhicules immatriculés en France.

Quelles démarches pour obtenir l’autorisation ?

Vous demandez d’abord l’attestation à la DREAL de votre région (la DRIEAT en Île-de-France) avec le Cerfa 11414. Vous déposez ensuite la demande d’autorisation d’exercer, avec le Cerfa 16093 pour une entreprise unipersonnelle. Le préfet a 3 mois pour répondre, prorogeables d’un mois si le dossier est incomplet, puis il délivre une licence de transport intérieur, valable 10 ans au plus. La déclaration d’entreprise au guichet unique vient après, et l’activité ne commence qu’après l’autorisation définitive.

Attention

La fiche officielle ne détaille pas le cas du coursier motorisé qui travaille pour des plateformes. Faites confirmer votre situation par la DREAL avant de démarrer : exercer une activité réglementée sans l’autorisation vous expose seul.

Quelles démarches faire pour démarrer, étape par étape ?

Le parcours va du véhicule aux premières déclarations. L’outil ci-dessous date chaque étape à partir de votre jour de démarrage : l’autorisation de transport ne concerne que les véhicules motorisés, les autres étapes valent pour tous. Indiquez la date visée pour obtenir les échéances, à ajouter à votre agenda.

Dans l’ordre :

  • vous choisissez votre véhicule et, s’il est motorisé, vous obtenez l’autorisation de transport ;
  • vous déclarez votre activité au guichet unique ;
  • vous souscrivez les assurances ;
  • vous vous inscrivez sur les plateformes ou vous prospectez vos clients ;
  • vous faites vos premières démarches fiscales et sociales.
Les étapes pour devenir coursier : choix du véhicule, immatriculation, assurances, plateformes et premières démarches fiscales.
Infographie : devenir coursier en 5 étapes

Déclarer son activité

Vous déclarez le début d’activité sur le guichet unique des formalités des entreprises. En micro-entreprise, la démarche se fait en ligne et ne demande pas de capital. Le numéro de Siren arrive en général en deux semaines environ : plateformes et clients le demandent avant de vous confier une course.

Les assurances d’un coursier

Deux assurances se distinguent. L’assurance responsabilité civile est obligatoire pour tout véhicule à moteur, scooter et moto compris (article L. 211-1 du Code des assurances) ; l’amende peut atteindre 3 750 € en cas de défaut. Les contrats excluent parfois certains usages professionnels : demandez à l’assureur une confirmation écrite que le transport de marchandises à titre onéreux est couvert. Une assurance de responsabilité civile professionnelle couvre en plus les dommages causés aux colis et aux tiers, à comparer sur les garanties.

Pour les accidents du travail, l’assurance des indépendants est volontaire. Quand vous travaillez via une plateforme de mise en relation et que vous adhérez à l’assurance volontaire, la plateforme prend en charge la cotisation dans la limite d’un plafond fixé par décret (article L. 7342-2 du Code du travail).

Les plateformes et les clients

Chaque plateforme fixe ses propres conditions : documents demandés, véhicule accepté, zones. Lisez-les avant de vous engager, et gardez de quoi travailler en direct pour des commerces et des entreprises, qui paient les courses au tarif que vous fixez.

Les premières démarches fiscales et sociales

Demandez l’ACRE dans les 60 jours qui suivent le début d’activité si vous y avez droit (les aides à la création d’entreprise détaillent les conditions). Déclarez ensuite la CFE avant le 31 décembre de l’année de création : elle n’est pas due cette année-là (exonération automatique), et le formulaire 1447-C-SD sert à calculer celle des années suivantes. Déclarez aussi votre chiffre d’affaires à l’Urssaf, chaque mois ou chaque trimestre, même à zéro.

Micro-entreprise ou SASU : quel statut choisir quand on est coursier ?

Au démarrage, la micro-entreprise convient à presque tous les coursiers : formalités légères, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires. La SASU devient intéressante quand les frais pèsent lourd, notamment en moto. Le bon statut dépend aussi du prix que vous pouvez facturer : indiquez le revenu que vous voulez vous verser, vos courses par semaine et vos frais pour obtenir le prix minimal d’une course en micro-entreprise et en SASU.

Le tableau reprend les critères qui comptent pour un coursier, dont l’activité relève des prestations de services commerciales (BIC).

Critère Micro-entreprise SASU
Plafond de chiffre d’affaires 83 600 € (prestations de services) Aucun plafond
Cotisations sociales 21,2 % du chiffre d’affaires encaissé Environ 82 % du net versé (1 820 € pour 1 000 € net)
Sans chiffre d’affaires ou sans salaire Pas de cotisations Pas de cotisations si aucun salaire
Impôt Impôt sur le revenu après abattement de 50 %, versement libératoire de 1,7 % sur option Impôt sur les sociétés à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %
Frais réels (carburant, assurance, entretien, véhicule) ❌ remplacés par l’abattement ✅ déductibles
Dividendes Sans objet Prélèvement forfaitaire de 31,4 %
TVA Franchise jusqu’à 37 500 € (41 250 € toléré) Mêmes seuils de franchise
Protection sociale Sécurité sociale des indépendants Régime général, comme un salarié
Création et gestion Déclaration en ligne, comptabilité allégée 229,26 € TTC de frais officiels, bilan annuel

Quand rester en micro-entreprise ?

Tant que vos frais restent modestes et que votre chiffre d’affaires reste sous 83 600 € : le dépasser deux années de suite fait sortir du régime. Le calcul est simple : l’abattement forfaitaire est de 50 %, donc si vos frais réels dépassent la moitié de votre chiffre d’affaires, la micro-entreprise vous fait payer l’impôt sur plus que votre bénéfice. À vélo, c’est rare ; en moto, cela se vérifie sur une année complète. La comptabilité d’un micro-entrepreneur reste légère.

Quand passer en SASU ?

Quand vos frais réels pèsent lourd ou que vous voulez laisser une partie du bénéfice dans la société : seul le salaire que vous vous versez supporte des cotisations. Le coût est celui d’un salarié : environ 1 820 € de coût total pour 1 000 € net. Le détail est dans l’article sur le passage de la micro-entreprise à la SASU. Pepit, cabinet d’expertise comptable en ligne, prend en charge la comptabilité d’une SASU sur devis.

Que reste-t-il d’un chiffre d’affaires de 30 000 € en micro-entreprise ?

Aucune source officielle ne donne de revenu moyen fiable pour un coursier : il dépend de la ville, des heures travaillées, du véhicule et des plateformes. Voici donc un calcul sur une hypothèse que vous pouvez remplacer par la vôtre.

Exemple chiffré

Simulation : un coursier encaisse 30 000 € sur l’année, soit 2 500 € par mois, sans dépasser le seuil de franchise de TVA.

  • Cotisations sociales : 30 000 × 21,2 % = 6 360 €.
  • Contribution à la formation professionnelle : 30 000 × 0,1 % = 30 €.
  • Reste avant impôt et avant frais : 30 000 − 6 360 − 30 = 23 610 €, soit environ 1 968 € par mois.
  • Base de l’impôt sur le revenu : 30 000 − 50 % d’abattement (15 000 €) = 15 000 €.

Lecture : le carburant, l’assurance, l’entretien et l’équipement se paient sur ce reste, car le régime micro ne déduit pas les frais réels. Avec le versement libératoire (1,7 % du chiffre d’affaires, soit 510 €), l’impôt est payé en même temps que les cotisations, sous condition de revenus du foyer.

Exemple chiffré pour devenir coursier en micro-entreprise : 30 000 euros de chiffre d'affaires, 6 360 euros de cotisations, 23 610 euros restants.
Infographie : coursier en micro-entreprise : 30 000 € de chiffre d'affaires

Ce calcul ne tient pas compte de l’ACRE ni de la TVA. Sans TVA, vous ne la facturez pas et ne la récupérez pas non plus. Au-delà de 37 500 € de chiffre d’affaires l’année précédente, ou de 41 250 € dans l’année, vous devenez redevable ; la franchise en base de TVA explique le calendrier. Vos factures portent la mention « TVA non applicable, art. L. 223-3 du CIBS » à partir du 1er septembre 2026 (« art. 293 B du CGI » auparavant).

Quel budget prévoir pour démarrer ?

Aucune source officielle ne donne de fourchette de budget fiable : le montant dépend de la ville, du véhicule et de son état. Voici les postes à chiffrer selon votre choix, avec un devis ou un prix relevé pour chacun.

  • À vélo : le vélo (électrique ou non), un antivol solide, l’éclairage, un casque, un sac de livraison, un téléphone avec un forfait de données suffisant ;
  • En scooter ou moto : l’achat ou la location du véhicule, l’assurance, le carburant, l’entretien et les pneus, le casque et l’équipement de protection, le téléphone ;
  • Autorisation de transport (motorisé) : l’examen d’attestation de capacité et la capacité financière de 1 800 € à justifier ;
  • Assurance professionnelle : responsabilité civile professionnelle, à comparer sur les garanties ;
  • Facturation : Tiime est un logiciel de gestion gratuit en formule Free, avec devis et factures illimités.

Si vous démarrez en parallèle d’un emploi, gardez de quoi payer les cotisations du premier trimestre : elles tombent même quand les courses tardent à arriver.

Combien de coursiers créent leur activité chaque année ?

Le métier attire en masse : 63 465 entreprises ont été créées entre octobre 2025 et septembre 2026 dans les autres activités de poste et de courrier (NAF 53.20), soit 15,3 % de moins que sur les 12 mois précédents. Ces chiffres viennent de la base Sirene de l’INSEE, publiée sur data.gouv.fr.

Ce périmètre regroupe les coursiers et les livreurs à vélo ou à moto avec d’autres activités de courrier : il donne un ordre de grandeur, pas un décompte exact des coursiers. Il montre surtout comment ils s’installent :

  • 99 % des créations se font en entreprise individuelle (micro-entreprise comprise), moins de 1 % en société ;
  • 248 940 entreprises sont actives dans ce secteur ;
  • moins de 1 % d’entre elles emploient des salariés.
Chiffres pour devenir coursier : 63 465 créations d'entreprises en 12 mois dans les activités de courrier, dont 99 % en entreprise individuelle.
Infographie : les créations de coursiers et livreurs en 12 mois

Autrement dit, presque tous les coursiers travaillent seuls et démarrent en nom propre : la société vient plus tard, quand les frais et le chiffre d’affaires montent.

Questions fréquentes sur le métier de coursier

Les questions que se posent le plus souvent les futurs coursiers, avec des réponses courtes.

Quelle est la différence entre un coursier et un livreur ?

Les deux mots désignent le transport d’un objet d’un point à un autre. « Coursier » s’emploie plus souvent pour des plis et des colis urgents, « livreur » pour des repas ou des courses à domicile. Sur le plan juridique et fiscal, le statut, les assurances et les règles du véhicule sont les mêmes.

Comment devenir coursier à vélo auto-entrepreneur ?

Il suffit de déclarer une micro-entreprise (le nom actuel de l’auto-entreprise) sur le guichet unique, de souscrire une assurance et de vous inscrire aux plateformes ou de prospecter des clients. Aucun diplôme, aucun permis et aucune autorisation de transport ne sont requis par les textes relevés pour un vélo.

Comment devenir coursier sur Uber Eats ?

Créez d’abord votre entreprise pour obtenir un numéro de Siren, puis inscrivez-vous sur la plateforme avec les documents qu’elle demande. Elle fixe ses propres conditions (documents, véhicule, zones) : consultez-les avant de vous engager, et vérifiez l’autorisation de transport si vous livrez en scooter ou en moto.

Combien gagne un coursier ?

Aucune source officielle ne donne de revenu moyen fiable. Votre revenu dépend du nombre de courses, de leur prix et de vos frais. L’exemple chiffré plus haut montre le calcul avec 30 000 € de chiffre d’affaires : il reste environ 23 610 € par an avant impôt et avant frais.

Un coursier relève-t-il des BIC ou des BNC ?

Le transport de marchandises pour le compte d’autrui est une activité commerciale d’après Bpifrance Création : elle relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC, prestations de services), avec l’abattement de 50 % et le taux de cotisations de 21,2 % en micro-entreprise. Confirmez votre cas avec votre service des impôts si vous mélangez plusieurs activités.

Faut-il facturer la TVA quand on est coursier ?

Pas tant que vous restez sous la franchise en base : 37 500 € de chiffre d’affaires l’année précédente, 41 250 € dans l’année en cours. Au-delà, vous facturez la TVA à vos clients et la reversez.

Que se passe-t-il si on dépasse le plafond de 83 600 € ?

Vous sortez du régime micro-entreprise si vous dépassez le plafond deux années consécutives, avec effet au 1er janvier de l’année suivante. Vous passez alors au régime réel d’imposition et au régime social de l’entrepreneur individuel, avec des obligations comptables supplémentaires. Un dépassement isolé n’entraîne pas la sortie.

Peut-on devenir coursier salarié ?

Oui : une entreprise de transport ou de logistique peut recruter des coursiers sous contrat de travail. Vous avez alors un bulletin de paie et des congés payés, et aucun statut à créer. L’indépendant, lui, choisit ses clients et ses horaires, mais supporte ses frais, ses assurances et ses cotisations.

Sources