Ouvrir un bar à chicha : licence, fumoir, tabac et statut

Par L’équipe Pepit · Mis à jour le 4 novembre 2026 · 12 min de lecture

Fiche métier

Bar à chicha · débit de boissons

Statut conseillé
SAS ou SARLSociété : licence, bail et salariés
Licence et permis
Licence III + permisLicence III ou IV pour revendre du tabac
Fumoir
Salle close, sans service20 % de la surface, 35 m² au plus
Budget de départ
Postes de dépenseLocal, fumoir, licence, stock, assurance
Régime fiscal
Impôt sur les sociétés15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 %
Cotisations sociales
82 % ou 45 % du netPrésident de SAS ou gérant majoritaire de SARL

Sources : Code de la santé publique (art. R3512-2 à R3512-9), service-public.fr, base des experts-comptables. Taux en vigueur en 2026.

Quelles autorisations faut-il pour ouvrir un bar à chicha ?

Un bar à chicha est le plus souvent un débit de boissons qui sert du tabac à narguilé : il cumule donc les règles des bars et celles du tabac. Cinq démarches reviennent presque toujours : le permis d’exploitation et la déclaration d’ouverture en mairie (ces deux-là seulement si vous vendez de l’alcool), l’immatriculation, la déclaration aux douanes pour le tabac et un fumoir conforme. Indiquez ci-dessous votre date d’ouverture : l’outil date chaque étape et vous laisse l’ajouter à votre agenda.

  • vous suivez la formation du permis d’exploitation ;
  • vous déclarez l’ouverture en mairie, au moins 15 jours avant ;
  • vous immatriculez la société sur le guichet unique ;
  • vous déclarez aux douanes la revente de tabac ;
  • vous faites installer un fumoir conforme, avec son attestation de ventilation.
Les démarches pour ouvrir un bar à chicha : permis d'exploitation, déclaration en mairie, immatriculation, douanes pour la revente de tabac et fumoir conforme.
Infographie : ouvrir un bar à chicha en 5 démarches

Quelle licence pour un bar à chicha ?

Tout dépend de ce que vous servez. Les boissons sans alcool sont en vente libre, sans licence. Pour vendre de l’alcool, il faut une licence : la licence III couvre les boissons jusqu’à 18°, la licence IV les alcools plus forts. La création d’une licence IV est interdite, elle ne s’obtient que par rachat, et le nombre de licences III est limité à un débit pour 450 habitants (licences IV comprises), avec des quotas plus souples dans les communes touristiques, selon la fiche officielle sur les licences de débits de boissons.

Pour la chicha elle-même, la licence compte aussi : seuls les bars titulaires d’une licence III ou IV peuvent revendre du tabac à leurs clients (voir plus bas).

Le permis d’exploitation et la déclaration en mairie

Le permis d’exploitation s’obtient après une formation d’au moins 20 heures réparties sur au moins 3 jours, dans un organisme agréé ; il est valable 10 ans, et son renouvellement passe par une formation d’au moins 6 heures. La déclaration d’ouverture (Cerfa 11542) se dépose en mairie au moins 15 jours avant l’ouverture : le récépissé remis aussitôt prouve que vous détenez la licence.

Où ouvrir : zones protégées et local

Un débit de boissons ne peut pas s’installer près des stades, piscines, hôpitaux, établissements d’enseignement ou de formation, à une distance fixée par arrêté préfectoral. Certaines exceptions existent, par exemple pour un débit déjà installé avant la création de la zone. Le local est un établissement recevant du public : sécurité incendie et accessibilité s’appliquent.

L’avis de l’expert-comptable

Faites valider le local avant de signer le bail : zone protégée, surface suffisante pour un fumoir à 20 % et ventilation réalisable. Un local qui ne permet pas ces trois points rend l’ouverture impossible, quel que soit le loyer négocié.

Où peut-on fumer la chicha : l’interdiction de fumer et ses exceptions

La règle est stricte : il est interdit de fumer dans tous les lieux fermés et couverts qui accueillent du public ou qui sont des lieux de travail, article R3512-2 du Code de la santé publique. Un bar à chicha est donc concerné dès la première pipe, y compris pour ses salariés. Deux exceptions réelles existent, et elles limitent fortement le modèle.

Le fumoir : une salle close, sans aucun service

L’interdiction ne s’applique pas dans les emplacements mis à la disposition des fumeurs, mais l’article R3512-4 en fixe les conditions, toutes cumulatives :

  • une salle close, affectée à la consommation de tabac, où aucune prestation de service n’est délivrée : le personnel n’y sert ni boisson ni chicha ;
  • une superficie au plus égale à 20 % de la surface de l’établissement, sans dépasser 35 m² ;
  • une extraction d’air mécanique qui renouvelle l’air au moins dix fois le volume de la salle par heure, et une dépression continue d’au moins 5 pascals par rapport aux pièces voisines ;
  • des fermetures automatiques, et jamais un lieu de passage ;
  • aucune tâche d’entretien sans que l’air ait été renouvelé pendant au moins une heure, en l’absence de tout occupant.

L’installateur ou le mainteneur de la ventilation fournit une attestation, que vous présentez à tout contrôle (article R3512-5). Les mineurs ne peuvent pas entrer dans le fumoir (article R3512-9).

Exemple chiffré

Simulation : un bar de 100 m² avec 2,5 m de hauteur sous plafond.

  • Surface maximale du fumoir : 100 × 20 % = 20 m², sous le plafond de 35 m².
  • Surface du bar pour atteindre 35 m² : 35 ÷ 20 % = 175 m².
  • Volume du fumoir de 20 m² : 20 × 2,5 = 50 m³.
  • Extraction minimale : 50 × 10 = 500 m³ d’air par heure.

Lecture : dans un petit bar, le fumoir reste petit, et il doit fonctionner sans serveur. La capacité d’accueil se calcule sur cette surface avant de chiffrer le chiffre d’affaires.

Exemple chiffré pour ouvrir un bar à chicha : un fumoir de 20 m² dans un bar de 100 m², 50 m³ de volume et 500 m³ d'air renouvelés par heure.
Infographie : fumoir d'un bar de 100 m² : surface et ventilation

La terrasse : seulement si elle n’est ni fermée ni couverte

Le texte vise les lieux « fermés et couverts ». La circulaire du 29 novembre 2006 précise que l’interdiction s’applique « même si la façade est amovible » et qu’il est permis de fumer sur les terrasses « dès lors qu’elles ne sont pas couvertes ou que la façade est ouverte ». Une terrasse avec toit et parois ne compte donc pas comme une exception.

Attention

Le responsable du lieu risque jusqu’à 750 € d’amende s’il n’affiche pas la signalisation, aménage un fumoir non conforme ou laisse sciemment enfreindre l’interdiction. Un bar à narguilé de Paris a aussi subi une fermeture administrative de 15 jours : son fumoir était le seul accès au comptoir et aux toilettes, et dépassait 20 % de la surface.

Peut-on vendre du tabac à chicha dans son bar ?

Oui, mais pas librement. La vente au détail des tabacs manufacturés est confiée par l’État aux seuls débitants de tabac (les buralistes). À titre exceptionnel, un bar peut en revendre à ses clients, aux conditions de la fiche officielle sur la revente de tabac :

  • détenir une licence III ou IV ;
  • déclarer son engagement aux douanes au moins 15 jours avant de commencer, avec l’attestation du buraliste de rattachement, choisi parmi les plus proches ;
  • acheter chez ce buraliste, en payant la totalité à chaque approvisionnement, et tenir le carnet de revente qu’il fournit ;
  • ne pas dépasser 20 kg de tabac par mois, acheter à au moins 3 fabricants différents et revendre au moins au prix d’achat ;
  • revendre sans affichage ni présentation des produits, et sans distributeur automatique ;
  • ne vendre qu’à ses propres clients et à son personnel.

La vente de produits du tabac aux mineurs de moins de 18 ans est interdite (article L3512-12 du Code de la santé publique), et vous devez exiger une preuve de majorité.

Attention

La revente doit rester complémentaire à l’activité principale du bar, et le non-respect de ces règles est poursuivi comme une infraction douanière. Dans un bar à chicha, le tabac est le cœur de l’activité : faites valider votre montage par la direction régionale des douanes avant d’ouvrir.

SAS ou SARL : quel statut pour un bar à chicha ?

Avec une licence, un bail commercial et des salariés, une société protège le patrimoine personnel du dirigeant. Les deux formes courantes sont la SAS (le président est assimilé salarié) et la SARL (le gérant majoritaire est travailleur non salarié). La micro-entreprise reste possible (plafond de 203 100 € pour la vente, cotisations de 12,3 %), mais elle laisse peu de place aux frais d’un local, d’une ventilation et de salariés.

Le tableau compare ce qui change au quotidien.

Critère SAS SARL
Dirigeant Président, assimilé salarié Gérant, travailleur non salarié s’il est majoritaire
Régime social Régime général Sécurité sociale des indépendants
Cotisations Environ 82 % du net versé Environ 45 % du net versé
Fiche de paie du dirigeant ✅ mensuelle, avec DSN ❌ simple virement
Impôt sur les bénéfices IS à 15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 % IS à 15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 %
Dividendes Prélèvement forfaitaire de 31,4 % 31,4 %, avec cotisations au-delà de 10 % du capital pour le gérant majoritaire
Frais officiels de création 297,66 € TTC 236,46 € TTC
Frais réels (loyer, ventilation, matériel) ✅ déductibles ✅ déductibles

Exemple chiffré

Simulation : un dirigeant veut se verser 2 000 € net par mois.

  • Président de SAS : 2 000 × 1,82 = 3 640 € de coût total pour la société.
  • Gérant majoritaire de SARL : 2 000 × 1,45 = 2 900 € de coût total.
  • Écart : 3 640 − 2 900 = 740 € par mois, soit 8 880 € par an.

Lecture : la SARL coûte moins en cotisations, mais la protection sociale n’est pas la même (régime des indépendants contre régime général). Le choix se fait sur les deux critères, pas sur le coût seul.

Les frais officiels de création comprennent l’annonce légale (199 € HT pour une SAS, 148 € HT pour une SARL, soit 238,80 € et 177,60 € TTC), le greffe à 37,45 € et la déclaration des bénéficiaires effectifs à 21,41 €. Pepit, cabinet d’expertise comptable en ligne, prend en charge la comptabilité d’une SAS ou d’une SARL sur devis. L’article sur SAS ou SARL détaille chaque critère.

Quel budget prévoir pour ouvrir un bar à chicha ?

Aucune source officielle ne donne de fourchette de budget fiable pour un bar à chicha : le montant dépend de la ville, du local et du niveau d’équipement. Voici les postes à chiffrer avant de vous lancer, avec un devis pour chacun.

  • Local : reprise d’un fonds, droit au bail ou loyer, dépôt de garantie ;
  • Fumoir et ventilation : travaux d’aménagement, système d’extraction, dépression, fermetures automatiques, attestation de l’installateur ;
  • Licence et permis : achat de licence IV si elle est visée, formation du permis d’exploitation, payante selon l’organisme ;
  • Matériel et stock : narguilés, charbons, tabac acheté auprès du buraliste, boissons ;
  • Hygiène : une personne formée à l’hygiène alimentaire (14 heures) dès que vous proposez de la petite restauration ;
  • Frais de création : 297,66 € TTC pour une SAS, 236,46 € TTC pour une SARL ;
  • Facturation : Tiime est un logiciel de gestion gratuit en formule Free, avec devis et factures illimités.

Le tableau des frais de création se chiffre avec l’outil ci-dessous, où vous saisissez vos propres devis pour les autres postes.

Gardez aussi une trésorerie de départ : le stock, le loyer et la ventilation se paient avant la première soirée, alors que les recettes arrivent ensuite. Le suivi comptable d’un restaurant ressemble beaucoup à celui d’un bar, avec une TVA qui varie selon les produits.

Combien de bars se créent chaque année ?

Les chiffres existent pour l’ensemble des bars, pas pour les seuls bars à chicha : 3 870 entreprises ont été créées entre octobre 2025 et septembre 2026 dans les débits de boissons (NAF 56.30), soit 10,5 % de moins que sur les 12 mois précédents. Ces chiffres viennent de la base Sirene de l’INSEE, publiée sur data.gouv.fr.

Ce périmètre regroupe tous les bars, pas seulement ceux à chicha : il donne un ordre de grandeur du secteur. Il montre surtout comment les bars s’installent, très différemment des métiers de service :

  • 64 % des créations se font en société et 27 % en entreprise individuelle ;
  • 56 318 entreprises sont actives dans ce secteur ;
  • 36 % d’entre elles emploient des salariés.
Chiffres pour ouvrir un bar à chicha : 3 870 créations de bars en 12 mois, dont 64 % en société, avec 10,5 % de créations en moins sur un an.
Infographie : les créations de bars en 12 mois

Autrement dit, la société est la norme pour ouvrir un bar, et un bar sur trois emploie du personnel : un résultat cohérent avec le choix SAS ou SARL plus haut.

Questions fréquentes sur l’ouverture d’un bar à chicha

Les questions que se posent le plus souvent les futurs exploitants, avec des réponses courtes.

Les bars à chicha sont-ils légaux en France ?

Oui, à condition de respecter l’interdiction de fumer dans les lieux fermés et couverts (avec un fumoir conforme), les règles des débits de boissons si vous servez de l’alcool, et celles de la revente de tabac. Un fumoir non conforme expose à une amende et à une fermeture.

Quelle autorisation pour ouvrir un bar à chicha ?

Si vous vendez de l’alcool : une déclaration d’ouverture en mairie au moins 15 jours avant et le permis d’exploitation si la consommation se fait sur place. Pour revendre du tabac : une licence III ou IV et une déclaration aux douanes. Les boissons sans alcool sont en vente libre.

Est-ce que les bureaux de tabac vendent du tabac à chicha ?

Les buralistes détiennent le monopole de la vente au détail des tabacs manufacturés. C’est auprès du buraliste de rattachement, déclaré aux douanes, qu’un bar autorisé à revendre du tabac s’approvisionne.

Quel âge pour aller dans un bar à chicha ?

Les mineurs n’ont pas le droit d’entrer dans un fumoir, et la vente de tabac aux moins de 18 ans est interdite. Un bar qui n’a pas de fumoir ne peut pas faire fumer de chicha à l’intérieur, quel que soit l’âge.

Combien coûte l’ouverture d’un bar à chicha ?

Aucune source officielle ne donne de fourchette fiable. Les frais officiels de création sont de 297,66 € TTC pour une SAS et 236,46 € TTC pour une SARL ; le local, la ventilation du fumoir, la licence et le stock se chiffrent par devis.

Faut-il une licence pour un bar à chicha sans alcool ?

Pas pour servir des boissons sans alcool, qui sont en vente libre : sans alcool, ni permis d’exploitation ni déclaration d’ouverture en mairie ne sont à prévoir. Pour revendre du tabac à ses clients, en revanche, une licence III ou IV est exigée par les règles de revente.

Un bar à chicha relève-t-il des BIC ?

Oui : l’activité de vente de boissons et de tabac relève des bénéfices industriels et commerciaux. Dans une société, le résultat est soumis à l’impôt sur les sociétés, à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice puis 25 %.

Quel est le montant de l’amende pour un fumoir non conforme ?

Le responsable du lieu risque jusqu’à 750 € s’il aménage un fumoir non conforme, n’affiche pas la signalisation ou laisse sciemment enfreindre l’interdiction. Le préfet peut aussi ordonner une fermeture administrative.

Sources